Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
A 2 heures moins le quart nous nous installons sur le grand parking
Trinitarios au pied des remparts qui entourent la vieille ville de
Pampelune, face à un splendide cirque de montagnes.
A 16 heures, Pilar et Carlos accueillent les arrivants, distribuent les
badges et une intéressante documentation touristique sur les sites
et les villes que nous allons visiter. Les anciens compagnons de
voyage se retrouvent, accueillent les nouveaux venus…Souvenirs…
Souvenirs…
Un peu plus tard Carlos nous donne un avant goût de ce que nous
allons voir dans cette terre de Navarre chère aux français.
A 9 heures, nous nous dirigeons vers la vieille ville.
Un petit funiculaire nous mène en haut des remparts, de là nous
avons un magnifique point de vue sur les Pyrénées embrumées.
Nous nous scindons en deux groupes, l’un est guidé par Sylvaine,
l’autre par Maïté qui nous explique Pampelune en nous donnant vraiment
envie d’y revenir.
Après avoir évoqué le riche passé historique
de la cité, l’origine de ses habitants, leur culture, nous cheminons
dans le joli parc Taconera, un parc de style français où se dresse
la statue du ténor Gayarre. Nous entrons dans l’église San Lorenzo
qui abrite une chapelle contenant les reliques de Saint Firmin, ces
reliques, venant d’Amiens, sont cachées derrière une petite fenêtre
pratiquée dans la poitrine de la statue du saint.
Nous parcourons ensuite la rue où commence le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Quelques pèlerins progressent dans cette rue, sac à dos, bâton en main, reconnaissables à la célèbre coquille…
Les grandes orgues nous accueillent dans l’église Saint Cernin de style gothique français, datant du treizième siècle. Curieusement le portail d’entrée débouche directement dans le choeur.
Nous descendons la pente que montent les taureaux avant la corrida. « Il faut être un peu fou ou très saoul pour courir devant les taureaux » assure Maité. En période de corrida, tous les jours, montent 6 taureaux bravos qui seront sacrifiés et 6 taureaux castrés sans doute plus chanceux qui feront d’autres corridas.
Au passage nous admirons les colonnes corinthiennes de la mairie et son fronton baroque, puis la façade de la cathédrale de Pampelune et son double clocher dont l’un contient Maria, la plus grande cloche d’Espagne. Les courageux montent ensuite aux arènes sous une pluie fine et froide qui ne cesse de tomber. A midi nous faisons honneur à un apéritif collectif servi dans un bar de la plaza mayor, appréciant les capiteux vins de Navarre et les tapas aussi délicieux que variés. Ensuite les groupes se dispersent ; sous le bon soleil revenu, certains équipages retournent au parking. Nous déjeunons au restaurant Hemingway non sans admirer les colonnes et les plafonds sculptés qui se reflètent dans les belles glaces biseautées.
A 18 heures Carlos nous conduit vers Sangüesa où nous nous installons dans un grand pré.
A 8 heures moins le quart, la télévision est déjà là pour nous filmer dans le soleil frais du matin. Nous partons d’un bon pas vers l’encierro de Sangüesa, autrement dit le parcours où les taureaux seront lâchés.

Les curieux sont déjà installés sur les barrières de sécurité, les brancards de la croix rouge sont prêts à transporter les éventuels blessés. Tout de blanc et de rouge vêtus, les jeunes dansent au son d’une musique entraînante. Au signal du starter, les taureaux courent vers l’arène précédés par les jeunes.
Guidés par Nieves nous descendons dans le centre où se tenait hier soir la fête foraine, nous pénétrons dans l’église fortifiée de Sangüesa : cette église romane au retable richement décoré abrite une vierge en argent rapportée de Rocamadour par des pèlerins.
Le château médiéval autrefois habité par le roi qui se rendait à l’église en empruntant un passage souterrain est transformé en bibliothèque.
Une très ancienne statue de pierre représentant Saint Jacques
trône dans l’église de Santiago, les grosses têtes paradent devant
l’hôtel de ville pavoisé dans la calle mayor, chemin de Saint Jacques
de Compostelle.
Nous entrons ensuite dans le Palacio Vallesantoro avant de déguster le vin de la région chez Eva. Nous quittons Sangüesa. A Javier nous visitons l’imposant château de pierre ocre où naquit Saint François Xavier patron de la Navarre. Quelques kilomètres plus loin, une bonne marche à pied sur un chemin rocailleux fleuri de colchiques et d’immortelles, dans une courte forêt, nous mène à la Foz d’Arbayun, une faille spectaculaire où planent les vautours… Après cette journée bien remplie, nous nous installons près d’un restaurant renommé à Ochagavia.
Le fumet de l’omelette aux morilles escomptée ne chatouillera pas nos narines, le restaurant est fermé le dimanche !
Le réveil est agréable dans la fraîcheur vive du matin. Nous partons à la découverte d’Ochagavia, un charmant village qui vit de la transhumance et du tourisme. Les maisons blanches coiffées de tuiles sombres, fleuries de géraniums, se reflètent dans le rio Salazar.
Dans le musée, nous assistons à une projection vidéo, Mikel, notre guide local, nous explique la faune et la flore de la région : autrefois le bois était exploité pour faire des constructions, des outils, des instruments de musique mais aussi des coques de bateaux… Dans cette région on élève des animaux robustes résistant au climat.
Nous arpentons ensuite les rues pavées d’Ochagavia, découvrant au passage l’antique fontaine où les femmes venaient puiser l’eau dans un récipient cerclé de métal qu’elles rapportaient au logis sur leur tête. Un bel écusson où sont gravés le loup et l’agneau orne la façade de la mairie, nombreuses sont les maisons qui arborent des écussons. Ces grandes maisons de pierre ont de très petites fenêtres destinées à garder la chaleur en hiver et la fraîcheur en été.
Nous entrons ensuite dans l’église romane, encore une halte sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle : les retables, les chapelles adjacentes et les 2 chaires, richement dorés contrastent avec le tout petit chemin de croix.
A 11 heures et quart, notre longue caravane s’étire sur la route tortueuse
et pentue qui traverse la selve d’Irati, dans cette forêt luxuriante,
les conifères se mêlent aux feuillus où l’on devine déjà les
couleurs d’automne. Une halte au mirador de Goniburu nous permet
d’admirer un splendide paysage de forêts, de prairies naturelles et
de montagnes. Vaches et chevaux savourent l’herbe fine des hautes
prairies. Après la halte de midi, non loin de la Virgen de las nieves,
la vierge des neiges, nous faisons une longue promenade sous
les grands pins.
Carlos nous conduit ensuite vers le site historique de Roncesvalles, la vallée des ronces, Roncevaux !
Un dais couleur or abrite l’autel de la collégiale qui serait bâtie sur le célèbre rocher fendu par Durandal. Dans le cloître dallé, une grande pièce renferme le tombeau du roi Sanchez VII le fort.
A 18 heures 15 nous nous installons à Olite.
Carlos a couru de tous côtés aujourd’hui pour rassembler quelques camping-cars égarés, « il a besoin d’un système de refroidissement pour sa tête ! »
La nuit venue, sans nous déplacer, nous assistons à un superbe feu d’artifice.
Joaquim retourne chez lui, il a courageusement encadré notre balade ces derniers jours bien qu’il se soit cassé 3 côtes une quinzaine de jours auparavant, c’est Josian qui fermera la marche !
Il fait beau aujourd’hui. Nous partons vers la place Carlos III le Noble où les festivités ont duré une bonne partie de la nuit.
Le palais royal d’Olite est une des plus imposantes constructions historiques de la Navarre. A ce jour, le vieux palais est un luxueux parador. En visitant le nouveau palais nous découvrons la salle des fouilles archéologiques, la salle voûtée, la salle des arcs destinée à soutenir le jardin de la reine, le salon du roi, le salon de la reine, la volière, le patio du mûrier : selon la légende le vigoureux mûrier qui s’étale dans le patio a été planté là par le roi, il y a plus de 500 ans.
Après avoir admiré la tour des 4 vents, la tour des trois couronnes, la tour de la citerne et le jardin de la reine, arrivés au sommet du donjon, nous jouissons d’une très belle vue sur les toits d’Olite et sur les éoliennes qui tournent joyeusement sur les sommets environnants.
A 11 heures, au claquement sec du starter, deux taureaux noirs
précédés des coureurs foncent vers la place. Les jeunes jouent
à faire des passes avec des foulards rouges encouragés par les
« Olé ! » enthousiastes de la foule. C’est la fête patronale d’Olite
qui a lieu du 13 au 19 septembre, nombreux sont les autochtones
(ainsi que deux camping-caristes qui font très couleur locale) vêtus
de blanc et de rouge selon la tradition de la Navarre.
A 16 heures la longue caravane se met en route ; nous passons devant des vignes un peu échevelées et des oliviers…nous montons bien vite en altitude, nous roulons entre garrigues, chaumes, friches, courtes forêts petits vergers et pinèdes en admirant un magnifique panorama. Un lac brille au fond de la vallée, des fenouils sauvages bien mûrs poussent au bord de la route. Nous traversons un village pavoisé de drapeaux rouges. A 17 heures nous nous installons sur le petit parking du monastère de La Oliva caché derrière un mur de briques et de pierre. Les amateurs assistent aux vêpres où ils écoutent les chants apaisants des religieux et des fidèles.
Un joyeux apéritif collectif réunit notre sympathique équipe de camping-caristes sur les routes de Navarre.
A 9 heures commence la visite du monastère de La Oliva. Padre Daniel fait l’historique de ce monastère cistercien où vivent 17 moines qui participent tous aux travaux de la vie de communauté. La façade de l’église est en travaux. L’intérieur, très dépouillé abrite sur un haut piédestal nuestra señora de la Oliva venue de France. Le tabernacle, très petit, éclairé par des bougies brille comme de l’argent, les murs épais sont percés d’étroites fenêtres.
Les sculptures des piliers qui soutiennent le cloître sont remarquables, les dallages tous différents ; de grands cyprès poussent dans la cour intérieure, un jardin intérieur est cultivé à la place de l’ancien réfectoire détruit, l’antique cuisine est bien délabrée.
Nous prenons ensuite une bonne piste caillouteuse pour entrer au
coeur de Las Bardenas Réales, un plateau semi-désertique cultivé
par endroits, photographiant au passage la grande statue d’un berger
bardanero. L’érosion a sculpté des formes tourmentées sur ce vaste plateau où vivent sangliers, lapins, aigles et vautours. Avec un
peu d’imagination on pourrait voir une immense chauve-souris aux
ailes déployées, un kouglof alsacien posé sur une table, un éléphant
endormi, un aigle aux yeux perçants perché sur une tour de guet,
les pattes d’un mammouth géant, les remparts d’un château…
Nous vivons un grand moment de bonheur en prenant notre repas de midi suivi d’une longue promenade dans cette naturaleza préservée où l’on retrouve les joies de la piste et la magie des déserts. Nous arrêtons un peu plus loin près d’un lac agrémenté de tamaris, puis devant une haute roche.
« Mieux vaut perdre une minute dans la vie que la vie dans une minute » assure Carlos avec son humour habituel. Suivant ce sage conseil nous reprenons la piste et notre lente progression vers Tudela… Nous retrouvons vite le goudron, les rizières, les vignes, les champs de maïs, les corrals.
Vers 20 heures nous nous installons au bord de la route dans
la banlieue de Tudela.

Une belle allée piétonne toute proche nous mène au centre de Tudela, « la ville des trois cultures : arabe, juive et chrétienne. » Nous montons dans une rue pavée au coeur de la ville médiévale, achetant au passage fruits et légumes gorgés de soleil sur un petit marché bien achalandé. Nous arrivons ensuite devant l’imposante cathédrale enchâssée dans un dédale de rues étroites et de hautes maisons ; les statues du portail d’entrée autrefois polychromes disparaissent sous une épaisse couche de pollution. Nous commençons par visiter un musée contenant une riche collection de retables, de statues et de tableaux religieux. Dame cigogne a élu domicile sur le haut clocher de la cathédrale, bien visible de l’intérieur du cloître. Delia, notre guide, nous explique tous les détails des chapelles et retables abondamment peints et sculptés contenus dans cet édifice de pierres nues érigé sur une ancienne mosquée.
A 16 heures, moteur chaud, nous quittons la belle ville de Tudela.
Vignes ébouriffées, maïs, asperges, vergers, champs de piments,
oliviers, villages dominés par de hauts clochers grimpent à l’assaut
des collines.
A 18 heures nous nous installons sur le parking du monastère d’Irache.
Il pleut.
Qu’importe ! Bien abrités sous le grand porche du monastère nous apprécions le convivial apéritif collectif suivi d’une réconfortante soupe « à l’oignon et croûtons » mijotée par Claudette.
Bâton en main, sac à dos, reconnaissables à la coquille, les pèlerins qui se rendent à Compostelle « champ d’étoiles » descendent puiser force et courage à la fontaine régénératrice, la fontaine du vin.
Mais oui, il suffit d’ouvrir le robinet de cette fontaine extérieure pour qu’un vin généreux coule abondamment !
Pèlerin
Si tu veux arriver à Santiago avec force et vitalité
Prends une gorgée et trinque à la félicité
Fontaine d’Irache, fontaine du vin
Où s’abreuvent les pèlerins.
Nous suivons l’exemple des pèlerins !
Le son du sifflet artistiquement modulé par Carlos nous arrache à cette dégustation inattendue... Le monastère ouvre ses portes : ce monastère qui fut un hôpital pour les pèlerins, une université pour les religieux, le quartier général de Napoléon durant 4 ans n’abrite pas de moines de nos jours, il renfermera bientôt un parador national. Espérance et Bégonia, nos guides de ce jour, attirent notre attention sur les décorations des chapiteaux et des clefs de voûte du cloître. Nous entrons ensuite dans l’église très austère et dans la belle sacristie rénovée.
Cette instructive visite terminée, les cars nous conduisent à Estella, ville aux rues étroites, construite à flanc de montagne où des commerçants venus de Limoges vinrent s’installer pour vendre leurs produits aux pèlerins.
Nous visitons l’imposante église San Pedro, la chapelle Saint André qui contient l’omoplate du patron de la ville dans un reliquaire richement doré, puis son cloître paré de roses presque défleuries qui était autrefois un cimetière (on voit encore quelques tombes.)
Nous passons devant le palais des rois transformé en musée.
La rue des commerçants, la plus belle des rues de la vieille ville, s’enorgueillit de ses façades ouvragées, nous découvrons la maison natale de fray Diego de Estella un moine franciscain, le palais du gouverneur et l’antique église du Saint Sépulcre. Le pont très pentu de la prison aboutit au premier marché puis à Notre dame du Puy.
De retour à Irache, Elena nous conduit dans la grande bodega où l’on propose les excellents vins de la Rioja. L’immense salle éclairée par de curieux lustres formés de bouteilles de vin rouge, rosé et blanc contient une belle collection de pichets anciens, d’amphores, de chaudrons, de soufflets, d’alambics, d’entonnoirs, de paniers, de pressoirs, de tableaux, de diplômes :
« C’est ici que l’on élève l’un des meilleurs vins du monde ! »
Nous descendons dans la grande pièce qui contient d’énormes cuves, nous assistons à la mise en bouteille faite par une longue suite de robots, puis dans une grande cave où le vin vieillit lentement dans des milliers de tonneaux et trois millions de bouteilles !
Après avoir acheté bon vin et huile vierge, nantis d’une bouteille de vin par visiteur offerte par la cave, nous reprenons la route pour nous diriger vers le lieu où se tiendra l’assemblée générale. La station de carburant où nous faisons le plein et les indispensables vidanges nous offre boissons et gourmandises variées.
A 20 heures nous nous installons sur le parking de l’A.G dans un magnifique cadre de montagnes couvertes d’une végétation dense.
Mission réussie ! Carlos a mené notre longue caravane à bon port malgré quelques petits soucis : quelques équipages se sont passagèrement égarés, Jacques a été ralenti par une panne mécanique, Thérèse s’est cassé le poignet en faisant une chute malencontreuse : après avoir été soignée à Pampelune, elle est rentrée en France avec son mari.
Un grand merci à Carlos qui a minutieusement préparé cette balade, il nous a guidés avec beaucoup de compétence et d’humour et il a su nous faire apprécier les différents aspects de ce beau pays de Navarre.
C’est promis ! Un jour, nous ferons le chemin de Saint Jacques de Compostelle et nous visiterons longuement la Navarre...
Merci à Pilar, nous avons aimé son sourire et sa gentillesse.
Merci à Joaquim qui a secondé Carlos malgré la douleur occasionnée par ses côtes cassées.
Nous étions 42 équipages français, 1 belge et 2 espagnols. 3 équipages
sont arrivés en cours de route, 2 sont partis avant la fin. 85
camping-caristes en tout ! Jamais une balade n’avait réuni autant
de participants !
L’ambiance était sympathique, la balade s’est déroulée dans la joie, la bonne humeur et l’humour...
Bravo Carlos !
Christiane Dumas
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