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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Bulletin Décembre 2008. 

Michel Bonjean et ses amis visitent l’Amérique du Sud.

Message n°3 de l'Année des 3 Étés.

Michel Bonjean. Du 13 Novembre 2008 – Depuis Foz d’Iguazu (Brésil)

Nous voilà au terme de notre séjour dans cet immense Brésil.

Nous le quitterons dans l’après-midi pour entrer en Argentine.

Le dimanche 26 Octobre, le temps est maussade, et la chaleur présente (30° à 33°). On décide de faire le tour de la partie nord de l’île. C’est dimanche, il y a beaucoup de monde. Ce secteur est très touristique, mais un peu construit de « bric et de broc », en dehors des jolis petits et anciens villages de pêcheurs.
Au nord, à PUNTA DAS CANAS, une merveilleuse plage de sable fin nous permettra un stationnement agréable pour déjeuner et un bon bain. Nous y rencontrons un jeune couple suisse avec un enfant, voyageant comme nous depuis un an au Brésil et sur le point de reprendre le bateau à Buenos-Aires.
Dans l’après-midi, nous regagnons le continent par un pont. Et nous prenons la direction du Nord, le long de la côte. Nous la quittons à la hauteur d’une petite ville nommée ITAPOCU qui constituera une étape pour la nuit. Encore un gros orage dans la nuit.

Le 27 Octobre, par un paysage plus montagneux et couvert de forêts, nous montons sur le plateau où est située la ville de CURITIBA, capitale de l’Etat du PARANA. L’altitude du plateau apporte de la fraîcheur et l’air y est plus léger.
Dans cette région, nous sommes étonnés de trouver des constructions dont le style s’apparente plus à celui de l’Allemagne. En fait, beaucoup d’allemands s’y sont installés, la plupart avant et bien avant l’avènement du régime nazi.
Un peu à l’est de cette capitale, en direction de PARANAGUA, nous déjeunons et visitons une adorable petite ville aux rues pavées : MORRETES. Elle est édifiée le long d’une rivière de maisons de style colonial bien restaurées.
Nous y flânons une bonne partie de l’après midi et remontons sur le plateau de CURITIBA pour rejoindre la grande route vers SAO PAULO par une petite route. Elle est monte en lacets, est pavée et traverse une forêt tropicale. Elle est bordée de bananiers en fleurs et les bas-côtés sont fleuris d’impatiens. Par moments, la brume confère à ce paysage une impression de rêve et d’irréalité…. Que l’on oublie sur la grande route à double voie qui file vers SAO PAULO, capitale de l’Etat du même nom et aussi capitale économique de cet immense pays : autocars, camions à double remorque y filent à grande vitesse.

Le mode de conduite des Brésiliens s’apparente à celui que nous avons connu en France, dans les années 60 avant l’instauration de la limitation de vitesse : rapidité, lignes jaunes (ici elles ont encore cette couleur) franchies allègrement, non-respect des ralentissements en zone urbaine. Par contre, la correction est de mise entre utilisateurs.

Le soir, nous passons la nuit près de COJATI, sur une grande aire de station-service : au Brésil, les campings sont inexistants en dehors des zones touristiques.

Le 28 octobre, nous quittons ce grand axe pour rejoindre l’océan à PERUIBE, pour suivre la côte jusqu’à RIO DE JANEIRO. Nous contournerons, par un trafic intense, SANTOS, port de SAO PAULO distant de plus de 70 km, formant ensemble une mégapole très industrialisée. SANTOS où nous avons fait escale le 7 octobre, lors de notre traversée maritime.
Nous ferons étape, dans un temps gris, maussade et venteux sur la plage de PORTO NOVO. Excellente nuit, bercée par le bruit des vagues et la pluie sur la carrosserie..

Le 29 Octobre, le temps maussade s’améliorera au cours de la journée et deviendra chaud et humide. L’Etat de SAO PAULO est traversé par le Tropique du Capricorne.
Après un arrêt « courses alimentaires » à UBATUBA, nous abordons, d’après les guides, la côte montagneuse la plus belle du Brésil jusqu’à RIO. Elle est nommée « Costa Verde » en raison, sans doute, de la forêt dense qui la borde.
La route nous mène de baies et baies parsemées d’îles. Dans chaque baie se niche un village avec son port et chaque île abrite de très belles et riches propriétés.

La route corniche passe les différents caps par des montées et descentes vertigineuses de l’ordre de 18 à 20%, si ce n’est plus… Cela donne de magnifiques points de vue.
Dans l’après midi, après 140 km, nous atteignons PARATY, petite ville très connue même au-delà des frontières de ce pays. Elle s’apparente un peu à notre Saint Tropez.
Nous y trouvons une grande laverie pour notre linge et un camping au bord de la plage, avant de faire une découverte pédestre de cette cité et de faire des essais infructueux d’envoi de messages par internet.

Le 30 Octobre, nous consacrons une grande partie de la journée à la visite de cette ville qui a conservé, autour de ces rues pavées, de grandes dalles irrégulières, l’ensemble de ses maisons et bâtiments de style coloniaux. En ce début de printemps, il y a déjà quelques touristes, dont des groupes de français. Sur le port, outre les bateaux proposant les balades vers les îles, des bateaux de pêcheurs débarquent leurs poissons.
Une très belle église est consacrée à Sainte Rita, très vénérée ici comme en Italie et à Nice..
En fin d’après-midi, par beau temps chaud, en logeant cette très belle côte, nous nous rapprochons de RIO et trouvons, avec quelques difficultés dans ces énormes faubourgs au trafic intense, le seul camping de cette ville au bord de la plage à 40 km du centre…

A bientôt.

Mesage 04

Du 17 Novembre 2008 – Depuis Santa Fe (Argentine)

Nous voilà depuis quelques jours en Argentine. C’est dans la petite ville de FEDERAL (Province d’ENTRE RIOS) située dans la langue de terre entre les fleuves PARANA et URUGUAY que nous avons pu trouver un cybercafé permettant une connexion, mais lente.

Nous vous avons laissés au 30 octobre à la porte de RIO DE JANEIRO.
Le camping, à 40 km de cette grande ville n’y est relié par aucun transport en commun.

Le vendredi 31 octobre, nous décidons, sur les indications d’un membre de notre association, de rejoindre le quartier résidentiel d’URCA au pied du Pain de Sucre. Il est proche du centre, réputé sûr en raison d’un entourage très militarisé.
Donc, direction RIO en longeant l’océan par les grandes plages (Gavea, Ipanema, Copacabana), il est facile d’atteindre ce quartier malgré les ralentissements de l’intense trafic.
A ce sujet, en attendant longuement dans un embouteillage, nous avons appris que dans cette ville, à l’heure d’entrée des bureaux, tous les grands axes vers le centre étaient à sens unique dans cette direction et à l’inverse en fin d’après midi. Entre temps, le doublesens est la règle. Il était 10 heures au moment de notre attente : le moment pour la police de « purger » la situation « sens unique » et de la transformer en « double sens »
Le dimanche suivant nous constaterons le même phénomène sur les grandes avenues à deux voies bordant les grandes plages. Les jours fériés, la voie bordant l’océan devient piétonne et l’autre conserve son sens unique mais inversé ; la circulation dans l’autre sens étant assurée par la première voie parallèle en ville…

Sur l’avenue Pasteur qui mène à la gare de départ du téléphérique du Pain de Sucre, nous y trouvons facilement les stationnements nécessaires avec l’aide de « gardiens » (officiels ou non ?). Là, le stationnement est payant et « rotativo » toutes les 2 heures, dans le genre « zone bleue » Moyennant une rétribution modeste de 10 Reals (3.5 €), ces personnes se chargeront de la garde de nos véhicules pour la journée…

Cette manière de procéder m’a personnellement rappelé celle pratiquée dans les grandes villes du Maroc dans les zones à parcmètres : contre quelques dirhams, le gardien se charge d’approvisionner ou non le parcmètre à ses risques et périls…. Tout le monde est gagnant, l’automobiliste, le gardien, peut-être l’agent municipal chargé de contrôle des parcmètres (je dis bien « peut-être ») à l’exception de la commune. Mais un petit « job » est ainsi créé…

Ce problème de stationnement résolu, nous nous organisons pour visiter cette ville avec l’aide d’une agence (Rio by Jeep) qui propose un grand tour de découverte de la ville dans un ancien véhicule militaire muni de deux banquettes à l’arrière à l’air libre…
A 14 heures, véhicule, chauffeur et guide arrivent. Nous voilà partis pour cinq heures de promenade. Le temps est malheureusement maussade et même une petite et courte pluie nous gênera.

On découvrira ainsi les grandes plages, le Parc National de Tujica (jungle tropicale de 120 km² conservée au coeur de la ville : violent contraste avec le béton à quelques centaines de mètres de distance), le Christ Rédempteur du Corcovado (on n’y montera pas en raison de la pluie et de la brume), un peu plus bas la vue sur Rio depuis l’héliport de Mirante Dona Marta, puis les quartiers Botafoga, Santa Teresa et son vieux tram, Centro. Une très belle découverte, mais une après-midi fatigante.
Le guide est très cultivé et très intéressant, brésilien ayant vécu une dizaine d’année à Paris, parle un français impeccable. Son nom et adresse pour ceux que cela pourrait intéresser : Alexandre BONINI, Tél (21) 94481285, ou plus sûrement son e-mail alexbonini@hotmail.com car téléphoner au Brésil n’est pas chose facile : entre le numéro de la ville, celui de l’opérateur choisi et de la cabine téléphonique on s’embrouille rapidement.

Souhaitant visiter une « favella » Alexandre, notre guide, nous propose de nous y accompagner le lendemain. Rendez-vous est pris pour 15 heures.
Reste alors à résoudre le problème du bivouac de la nuit. Toujours dans le quartier d’Urca, nous nous rapprochons du parking de la gare de départ du téléphérique. Nombre de gardiens plus ou moins officiels (à mon avis moins) proposent leur aide… Avec celle très aimable d’une jeune étudiante en médecine travaillant au restaurant dépendant de cette gare, on trouve la solution : parking devant le restaurant sous la garde de leur vigile de nuit, sous réserve de quitter à l’ouverture du téléphérique… pour regagner l’avenue Pasteur. Parfait.

Samedi 1er Novembre. Au réveil, enfin le soleil grand et beau.
Dans notre élan, nous prenons la première benne montant au Pain de Sucre pour profiter de la vue...
Magnifique, mais court… en quelques minutes, la brume arrive de l’océan et nous voilà dans le coton… En descendant, arrêt à la station intermédiaire, la brume n’y est pas encore arrivée mais pas pour très longtemps… Nous écarquillons vite les yeux pour vite en profiter, les photos attendront.
En fin de matinée, chacun de nous se disperse pour ses courses : banque, achat (dont clé USB en remplacement de celle « hors service »).
A 15 heures, Alexandre notre guide, est là avec le même véhicule. Direction la « favella » de Rocinha. Avant d’y entrer, quelques conseils de prudence à respecter, mais tout se passera très bien : Alexandre y connaît beaucoup de monde.
Des ruelles très pentues en tous sens, des petits commerces, une très belle vue sur les quartiers plus riches d’en bas… En Europe, les hauteurs sont plutôt occupées par les quartiers résidentiels… Une ambiance, des gens souriants et aimables : une grande découverte à faire, accompagnée bien sûr.
Nous y avons découvert un « job » très pratiqué : la moto-taxi.
Une voie automobile dessert la favella avec quelques bus. Elle est très pentue. Les mères de famille qui descendent faire leurs courses au « super » d’en bas sautent sur l’arrière d’une moto les bras chargés de sacs plastiques, et hop! Rapidement les voilà rendues à l’entrée de leur ruelle…
A l’endroit où nous attendait notre « jeep », visite d’une école de samba avec exposition des costumes, mais ce n’était pas encore l’heure des répétitions.

Le soir, Micheline et moi avons retrouvé et dîné avec un cousin Renato BONJEAN, vivant à RIO.
Nous nous sommes retrouvés avec plaisir après quelques contacts et découverte par internet, et en 2006 par l’intermédiaire de nos enfants Bernardo et Rémi qui ont couru tous deux à motos le DAKAR qu’ils ont terminé.
Notre auteur commun était un Jacques BONJEAN, savoyard et chambérien, à cinquième génération pour lui et à la quatrième pour moi, bien que nous n’ayons que 14 jours de différence d’âge... Son aïeul fils de Jacques, médecin, a émigré au Brésil où il a soigné les derniers monarques et fondé une université de médecine. Très agréable et chaleureux contact, facilité par le fait que Renato et sa famille ont conservé la pratique de la langue française…

Le dimanche 02 novembre. Grand beau temps. Nous quittons rapidement URCA pour nous installer sur les parkings de la voie ouverte à la circulation sur la plage de Copacabana.
Belle journée, agrémentée d’un bain, d’une promenade au milieu d’une population très sportive. La voie neutralisée est bondée de gens qui courent, marchent rapidement pour les moins jeunes, font du vélo, du skate, du patin…
De plus, nous découvrons que la Wifi y est distribué gracieusement par la ville de Rio : les ordinateurs ont fonctionné pour les messages et le téléphone…
En fin d’après midi, saoulés de soleil, nous regagnons notre « chez nous » au bivouac du téléphérique.
A regret, il faut partir, pour respecter notre programme.
Nous y reviendrons….

Michel Bonjean.


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