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Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

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Février 2009. 

Michel Bonjean et ses amis visitent l’Amérique du Sud. Suite de l’année des 3 étés (extraits)

Micheline Bonjean.Michel Bonjean. Nous sommes maintenant en 2009 et nous vous renouvelons tous nos voeux de bonne année !

Nous sommes maintenant au Parc National de « Los Glaciares », où nous ont rejoint dans la nuit Gérard et Gisèle MULATON, de retour de France après un long voyage aérien entre Paris et Comodoro Rivadavia et un parcours routier rapide leur faisant traverser d’est en ouest l’Argentine. Avec Jean Paul et Jacqueline AUFFRAY, nous les avons retrouvés avec un grand plaisir.

Si vous allez continuer à recevoir le récit de notre périple, c’est grâce à eux. Ils ont mis à disposition leur matériel. En effet, le 02 janvier à EL CALAFATE, en l’espace d’une dizaine de minutes, la serrure de mon camping-car a été fracturée et ont disparu ordinateur, appareil photo et auto radio… Ce type d’événement fait partie du risque du voyage que nous effectuons. Il faudra être encore plus précautionneux.

Par prémonition ou par prudence, je ne sais, le matin même, j’ai transféré les photos de mon appareil sur l’ordinateur et sauvegardé tous les dossiers de ce dernier sur un disque dur externe. Pas de perte numérique, mais perte uniquement matérielle… Des soucis, des démarches administratives et une réorganisation à faire…
N’en parlons plus.

Chili - Terre de Feu. Carte Chili - Argentine. Chili - La rive nord du détroit de Magellan. Chili - Punta Arenas - L'étude de Me Vergara. Chili - Punta Arenas - Une église. 

Du 04 Janvier 2009

– Depuis le Parc « Los Glaciares » (Province de Santa Cruz – Argentine)

Le jour de Noël s’est rapidement écoulé en bavardages et conversations avec les familles françaises et un couple d’allemand déjà croisé habitant près du Lac de Constance.

Le lendemain, départ vers le nord, seule direction possible après fortes embrassades, accolades et « hasta luego », accompagnés par un jeune couple français vivant à Marseille, intermittents du spectacle, voyageant « sac à dos ».

Après un déjeuner rapide en cours de route, nous les laissons à Rio Grande, sur le bord de la route pour continuer leur voyage en « stop ».

Quelques courses alimentaires, un arrêt internet pour l’envoi du message 011, et nous quittons cette ville pour arriver en fin d’aprèsmidi près du poste frontière Argentine-Chili, où nous passons la nuit. (GPS S 53° 17,943 W 068° 27,466)

Le lendemain, entrée dans la partie chilienne de la Terre de Feu avec beaucoup de monde : retour des argentins venus passer Noël à Ushuaia et départ en vacances d’été des « Ushuaiens » vers le « continent ».

Le projet de traversée du détroit de Magellan entre Porvenir et Puntas Arenas ayant été abandonné pour cause de vent très violent et de « coeurs sensibles, s’abstenir en cas de vent » figurant dans les guides, nous reprenons le même « ripio » de 100 km pour rejoindre le petit bac s’échouant sur la plage à l’endroit le plus étroit de ce détroit. (GPS Côté Sud S52° 29,672 W 069° 31,199 - Côté Nord S52° 27,376 W069° 32,813)

Longeant la rive nord de ce détroit par une belle route, mais avec un vent « debout » de l’ordre de 80 km/h, nous gagnons Puntas Arenas, la ville la plus australe du Chili. Peuplée de 125.000 habitants de toutes origines, principalement européennes : italiens, espagnols, basques, croates, ukrainiens, anglais, allemands, français. Le grand cimetière de la ville, dont la visite est conseillée par les guides, en témoigne. Pour les Indiens Onas, aujourd’hui pratiquement disparus, un petit carré orné de l’ «Indiecito » (petit indien) en bronze, contient leurs restes. Cet Indiecito est devenu, curieusement en raison de l’histoire de leur disparition, un culte auquel chacun confère un voeu, réalisé semble-t-il en lisant les nombreux ex-votos. Cette ville qui a tiré une grande partie de sa richesse en tant qu’escale sur la route de Lima et de San Francisco avant le percement de Panama, puis en tant que port exportateur de laine, est ornée de très beaux immeubles et villas de style XIXème européen. Au rezde- chaussée de l’un d’eux, j’y ai remarqué une étude de notaire… Sans doute le confrère le plus austral du monde !

Ville dépourvue de camping, sans doute en raison du vent permanent, la police nous a conseillé de nous installer dans un parc municipal à la sortie de la ville : un beau bivouac, avec une belle vue sur le détroit . (GPS S53° 10,784 W070° 55,679)

Le 28 décembre :

Après une montée au sommet de la ville avec un joli point de vue, la direction du nord est reprise, avec comme point de mire la ville de Puerto Natales (S51° 43,553 W072° 30,099). Sur cette route, se succèdent de grandes estancias dans un paysage de pénéplaine, moins monotone.

A Vila Téluheche, un troupeau de 6.000 moutons environ. Vue sur Punta Arenas. Chili - Tres Pasos. Chili - Tres Pasos - Lago Figueroa. Chili - Puerto Natales - Segno Ultima Esperenza - Cygnes à col noir. 

A Vila Téluheche, un troupeau de 6.000 moutons environ en déplacement sur la route sans doute vers la tonte, vu leur toison abondante, nous arrête. Nous observons leur avance dirigée par les gauchos à cheval et leurs chiens au milieu de l’odeur caractéristique de ces bêtes.

Un autre arrêt à Tres Pasos pour quelques photos destinées à une scientifique chilienne, native de Puntas Arenas, mariée à un français et vivant à Grenoble que nous avons eu l’occasion de rencontrer chez des amis communs. Jeune enfant, elle y passait ses vacances.

Ne parvenant pas à l’étape prévue, nous ferons escale à l’Hôtel Rio Rubens, perdu en pleine campagne (GPS S 52° 02,378 W071°56,467) qui nous nourrira et nous offrira une place dans son parc pour la nuit qui sera pluvieuse.

Le lendemain, arrêt à Puerto Natales qui se situe au fond d’un fjord dénommé « de la Dernière Espérance » communiquant avec le Pacifique par un dédale incroyable de bras de mer et d’îles. A voir sur une carte !

Nous déjeunons sur place, en essayant de nous abriter le mieux possible du vent. Et après encore quelques achats de frais et de carburant (Diesel à 460/510 $Chiliens le litre – 1 € vaut environ 700 $Ch) et toujours vers le nord, nous nous dirigeons vers le Parc National de « Torres del Paine » par une route mi-goudron, mi-ripio, entrecoupée par un arrêt à la « Cueva del Milodon » (grotte du Milodon). Kesaco le Milodon ? ? ? Un animal préhistorique, de la famille des singes « Paresseux » mesurant quatre mètres de haut, dont on a retrouvé les restes dans cette grotte. Une grande partie de ces restes sont à Londres, ce qui ne doit pas beaucoup plaire au Chili.

Chili - Cueva de Mylodon - Le Mylodon (à droite). Chili - Cueva de Mylodon - Renarde et renardeaux. Chili - Torres del Paine - Les Cornes depuis Salto Chico. Chili - Torres del Paine - Les Cornes. Chili - Torres del Paine - Guanaco. 

Cette grotte abritait, outre la reproduction en fibre de verre du Milodon, une renarde et ses renardeaux beaucoup plus vivants et intéressants !

Encore un petit arrêt à Cerro Castillo, dernier village avant d’entrer dans le parc, dont une des portes d’entrée est sur la rive nord du Lago Sarmiento. Au poste d’entrée la météo affichée pour les trois jours à venir n’est guère encourageante : pluie, nuages et vent et température en baisse : 5 à 9°…

Nous passerons la nuit, avec un peu de chauffage sur les rives du Lago Pehoe (GPS 51° 06,365 W 072° 59,100) sous une falaise où nichent des condors. Nous en apercevrons quelques uns, planant haut dans le ciel, et reconnaissable à leur grande taille et au bout de leurs ailes ressemblant à des doigts (je ne connais pas l’adjectif : Ornithologues merci d’avance..).

Nous passerons deux jours dans ce parc, en espérant que le météorologue ait fait une erreur.

Chili - Torres del Paine - Lago Pehoe. Chili - Torres del Paine - Le vent empêche les arbres de pousser droit. Chili - Torres del Paine - Cascade du Rio Paine. Meilleurs voeux de Micheline et Michel. Argentine - Arrivée à El Calafate - Lago Argentino. 

Allant d’un bout à l’autre, pour admirer les paysages, le temps s’améliorera, et nous finirons, les nuages se déchirant, par apercevoir ces fameuses « cornes » et « tours » culminant à presque 3.000 m, depuis la multitude de lacs et rivières entourant ce massif. Le 31 décembre, nous bivouaquons et réveillonnons, avec un Champagne local et de délicieuses coquilles Saint Jacques préparées par Jacqueline, sous les « Tours » auprès de la Cascade du Rio Paine, seuls en pleine nature. A 20h locale, il était minuit en France, nous avons fêté l’arrivée de l’année 2009 en même temps que vous tous, sauf peut-être nos amis ALLARY du Québec.

Message N° 13

Nous sommes maintenant à ESQUEL – Province du Chubut – Argentine – (Pt GPS –S 42° 54,669 – W 071° 20,061)

Depuis le début de l’année, nous sommes « remontés » vers le nord et vers plus de chaleur…, par la fameuse « Ruta 40 »…. en partie sous forme de piste plus ou moins roulante, mais surtout poussiéreuse… Poussière qui pénètre partout… dont il est difficile de se débarrasser. C’est ainsi.

La contrepartie : beaucoup de paysages et de nature à l’état brut que les Argentins protègent avec de nombreux parcs nationaux ou provinciaux.

Du 12 Janvier 2009

– Depuis ESQUEL (Province de Chubut – Argentine) Nous quittons, le 1er janvier, le Parc chilien de « Torres del Paine » avec objectif d’atteindre en Argentine EL CALAFATE dans l’après midi. Les 280 km, dont une bonne moitié en « ripio » (piste) se font sans encombre.

Premier arrêt à Cerro Castillo, où nous prenons par précaution un peu de gasole au prix fort, éloignement oblige, mais le sourire de la pompiste un jour férié et l’allure de la « station-service » nous récompenseront…

Second arrêt pour les formalités du passage de la frontière entre le Chili et l’Argentine.

Puis nous prenons la « Ruta 40 » que nous emprunterons souvent vers le nord et que je citerai souvent, comme je l’ai fait pour la « Ruta 3 »

La Ruta 3 relie Buenos-Aires à Ushuaia. La Ruta 40 lui est parallèle, longe le côté est des Andes du Nord au Sud.

A EL CALAFATE, ville essentiellement touristique, nous bivouaquons dans un mauvais camping un peu bruyant.

Argentine - Promenade sur le Lago Argentino. Argentine - Glacier Spegazzini sur le Lago Argentino. Argentine - Glacier Perito Moreno. Argentine - Glacier Perito Moreno. Argentine - Gisèle et un bébé guanaco. 

Nous le quittons rapidement, le 2 janvier, pour organiser notre programme de visite du Parc des Glaciers et vaquons à nos occupations domestiques : courses alimentaires, laverie, etc…

Décidés à profiter d’une croisière sur le Lago Argentino, le lendemain, nous allons passer la nuit près du lieu d’embarquement à une cinquantaine de kilomètres de la ville.

Le lendemain, avec une foule de personnes sortant d’autocars et de minibus, nous prenons place dans de confortables catamarans vitrés pour aller admirer les glaciers se jeter dans ce grand lac. Le temps n’est pas au meilleur de sa forme : il pleut et il fait frais. En outre les glaces flottantes nous empêchent parfois de pénétrer dans certains des multiples bras du lac.

Nous y passons la journée, et la terminons par le Glacier Perito Moreno, le plus connu de tous, que nous admirerons le lendemain d’une autre manière.

Ce nom de « Perito Moreno » revient souvent dans cette région : ville, rue, glacier…. Il s’agit en fait du nom du géographe qui a arpenté toute cette région à la fin du 19ème siècle : Francisco Moreno. Perito signifie « expert »

Dès que nous retrouvons nos véhicules, nous prenons la direction d’un parking et du site qui permet de revoir cet immense glacier.
Imaginez, un glacier d’une longueur d’environ 14 km qui vient se jeter dans un bras du Lago Argentino, sur un front concave de l’ordre de 5 km, d’une hauteur d’environ 50 m.
Ce bras étant relativement étroit, le front de glace vient heurter la rive opposée constituée par une proéminence sur laquelle sont installées passerelles, miradors et parkings.
Nous sommes donc face à cette masse de glace qui avance lentement. Nous l’entendons craquer, exploser, soupirer et voyons parfois, une masse branlante chuter dans le lac….

Quel spectacle… Le temps ne compte plus : nous écoutons, regardons, observons, attendons… La glace est blanche, bleu, bleu foncé, striée parfois de couches de terre…
Une merveille de la nature…

Parfois, tous les 4 ou 5 ans, la masse glaciaire obstrue totalement ce bras du lac. En amont, les eaux s’accumulent et le niveau monte de plus de 10 m. La pression devient alors trop forte et le barrage de glace cède et explose…

Nous y resterons une journée qui nous paraîtra bien courte, malgré les ondées et le froid.

Le 05 janvier :

Par la Ruta 40, pratiquement toute en ripio, nous gagnons à plus de 300 km, la petite ville d’EL CHALTEN, paradis des alpinistes, pardon on dit ici « andinistes ».

En cours de route, nous faisons une pause dans une « hosteria » réputée pour ses gâteaux et ses chocolats chauds. En prime, dans la cour, un bébé guanaco, recueilli à la mort de sa mère et élevé au biberon par les patrons.

Argentine - Gisèle et un bébé guanaco. Argentine - El Chalten - Le Fitz Roy. Argentine - Torrent issu de la Laguna del Deserto. Argentine - El Chalten - Le Fitz Roy et sa chaîne. 

A EL CHALTEN, les nuages cachent le clou du spectacle : le FITZ ROY, flèche de granit culminant à plus de 3.400 m, se cache dans les nuages. Il a été gravi pour la première fois en 1952, par un français : Lionel Terray… cocorico… et au surplus grenoblois… recocorico…
Le lendemain, il se dévoilera un peu.

Nous allons déjeuner et nous promener au fond d’un vallon qui abrite la « Laguna del Desierto » d’où s’écoule un torrent aux eaux d’une clarté étonnante.

Le 07 janvier :

En quittant EL CHALTEN vers le nord, le soleil est là et le Fitz Roy éclatant de beauté, aux côtés de sa flèche frère : Cerro Monte, moins haut mais paraît-il plus difficile à vaincre…

Longtemps, dans la steppe et sur la route droite, j’ai pu personnellement continuer à le regarder dans mon rétroviseur…..

Glacier Perito Moreno et Fitz Roy, deux grands moments.

Michel Bonjean, à suivre

Pour consulter la totalité du périple de Michel et de ses amis, nous ne pouvons que conseiller à ceux qui ont la chance d’avoir Internet, d’aller consulter son blog :

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