Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.
Le message 017 est parti de PUNO au Pérou.
Celui-ci est rédigé depuis la ville de PUNO sur les rives du Lac TITICACA.
Notre voyage avance plus vite que les informations que je vous transmets.
Je vous ai laissé à San Pedro de Acatama le 06 févier dernier.
Avec Gérard et Gisèle MULATON. Nous
irons visiter près d’ARICA, au centre d’une immense oliveraie, un
musée très intéressant retraçant l’histoire de la région depuis 70
siècles avant notre ère jusqu’à la conquête espagnole. Cette visite
a été plus longue que prévue et à la sortie, il est trop tard pour aller
passer le frontière du Pérou.
Ce sera donc pour le jour de la Saint Valentin.
Après une nuit un peu bruyante (c’était un vendredi soir, au bord de l’Océan, voitures, musique, un peu d’alcool, mais sans aucune agressivité), nous entrons au Pérou. Il y a beaucoup de monde à la frontière : côté chilien, tout se passe rapidement, côté péruvien, c’est plus long : formalités de police et de douanes pour les personnes, puis les formalités d’importation temporaires des véhicules qui posent problème (en effet, les ordinateurs n’acceptent que 6 cases pour l’immatriculation - localement 3 chiffres et 3 lettres - alors que nous avons 8 lettres et chiffres...), et celles des services sanitaires qui nous taxeront quelques fruits et légumes frais. Gérard et Gisèle feront cuire sur place leur viande : crue elle ne passe pas, cuite elle est acceptée…
Dès le passage, on recule nos montres de deux heures, bien que le fuseau horaire soit le même qu’au Chili. Pourquoi ? On l’ignore, une hypothèse personnelle : vivre à l’heure « espagnole » au soleil, tout en conservant un horaire « classique »
A la frontière, impossible de trouver de moindre « sol » (monnaie
du Pérou), ni un bureau d’assurance pour les véhicules. Le contrat
souscrit en Argentine n’est valable que pour ce pays et les pays
limitrophes, or le Pérou ne jouxte pas l’Argentine.
Nous prenons la décision de faire le nécessaire à TACNA à une
quarantaine de kilomètres plus loin. Là, aucune banque ou bureau
de change n’accepte nos euros. Motif : ils ne connaissent pas le
cours du jour : nous supposons qu‘il doit y avoir des problèmes
d’ajustement entre dollars et euros. Les bureaux d’assurance ne
sont pas ouverts.
Nous ferons un tour dans cette petite ville et nous trouverons une
jolie place et une très belle mosquée de style oriental.
Nous y déjeunerons et prenons la route vers AREQUIPA sur une
route à travers le désert. Il y fait très chaud.
Pour la nuit, nous rejoignons l’océan à la ville d’ILO. Elle est triste et pauvre et il y a bien sûr pas d’endroit pour un vrai bivouac. Un hôtel acceptera que nous stationnions dans sa cour peu agréable, mais sécurisée : tout n’est pas toujours parfait…
Toujours sans assurance obligatoire et en «
serrant un peu les fesses » nous gagnons, 350 km plus loin, AREQUIPA,
dans un paysage de plaine de désert, puis de montagnes
arides plus agréables à la vue avec ses couleurs mordorées au soleil
couchant.
Dans cette grande ville, la deuxième du Pérou après LIMA, nous avons l’adresse et les coordonnées géographiques insérées dans le GPS (fournies par de précédents voyageurs) d’un hôtel avec une cour accueillante pour les camping-cars. C’est une ancienne maison coloniale, d’un bleu intense, transformée en hôtel. Il y a déjà deux camping-cars allemands : on se serre un peu. Le personnel de l’hôtel est très serviable et se charge de nous organiser un « tour » de deux journées vers le « Canyon de Colca », réputé pour être un des plus profonds au monde : 3.000 mètres entre le lit de la rivière et le sommet des montagnes qui l’enserrent.
AREQUIPA est une très belle et magnifique ville qui a conservé en grande partie son patrimoine colonial : une splendide « Plaza d’Armas » aux proportions généreuses, bordée d’arcades et d’une immense cathédrale - placée très curieusement en longueur sur l’un de ses côtés et non d’une façon perpendiculaire -, un très grand couvent Santa Catalina tenant toute une « cuadra » (pâté de maison) et formant une ville dans la ville, des églises et de très belles demeures coloniales transformées en hôtel, bureaux ou musées.
C’est lundi et avant d’entreprendre nos visites, nous changeons facilement nos euros et souscrivons dans l’espace de la matinée une assurance « au tiers » pour nos véhicules pour un mois pour 150 soles (environ 40 €) auprès de la compagnie péruvienne « La Positiva ». Ouf, nous voilà enfin en règle…
Nous quittons AREQUIPA pour le « Canyon de
COLCA » . Un minibus, avec d’autres touristes, nous y conduit à travers
l’altiplano, assure le passage du col de PATAPAMPA à 4.910
m. où il neige. Nous ne bénéficierons pas de la vue sur les volcans
qui l’entourent, et nous descendons jusqu’au bourg de CHIVAY.
Pour nous permettre de combattre le « soroche » (mal des montagnes),
la jeune guide qui nous accompagne nous distribue des
feuilles de coca à mâchonner. C’est pas très bon : un goût d’herbe...
mais semble être efficace. D’ailleurs, par la suite, nous prendrons
en altitude des tisanes de ces feuilles vendues sous forme de sachets.
A CHIVAY, nous nous installons dans un hôtel très simple mais
confortable, avant d’aller aux thermes prendre un bain d’eaux chaudes
soufrées. L’eau à 38° nous réchauffe sous la pluie un peu
froide.
Avant le diner organisé avec musique et danses locales, nous découvrons,
sous la pluie, cette petite ville : son marché, sa « Plaza d’Armas, et son église.
Au dîner, bonne ambiance, mais un peu trop
« touriste » à notre goût.
Le lendemain, le minibus nous conduit dans cette vallée puis le
canyon de Colca jusqu’au lieu connu sous le nom de la Croix du
Condor, avant que la piste devenant moins praticable, ne s’enfonce
plus profondément dans la gorge. Magnifique vallée vue au soleil
levant aux cultures étagées sur des terrasses construites depuis
les époques pré-incas. Il fait beau. Nous sommes tous émerveillés.
Le point d’orgue est la Croix du Condor. Ces grands oiseaux y ont
leur habitudes en raison des courants ascendants, mais le brouillard
monte et ils ne seront pas au rendez-vous. On en apercevra quand
même deux, haut dans le ciel, après que tous les péruviens présents
aient crié : « condor - condor » !
Il s’agit pour eux un « oiseau-dieu ». Il figure sur le drapeau national
et les armoiries du pays. Je me permettrai d’avancer que cet
oiseau, compte-tenu de sa taille (plus de trois mètres d’envergure)
et de son art du vol plané est plus représentatif que notre « coq »
national.
Nous effectuons notre retour à AREQUIPA, sous la pluie. Nous regrettons un peu de ne pas nous y être rendu avec nos véhicules pour avoir notre liberté d’emploi du temps. Nous aurions sans doute passé une nuit dans cette magnifique vallée.
Le lendemain, nous restons à AREQUIPA pour y flâner et faire les courses indispensables à notre vie quotidienne.
Ce premier contact avec le PEROU nous emballe, malgré les craintes que l’on peut avoir à la lecture des guides et du site français du Ministère des Affaires Etrangères à la rubrique « Conseils aux voyageurs ».
Celui-ci est rédigé depuis la petite ville de HUMAHUACA en Argentine, où nous sommes entrés le 20 mars.
Après un hiver rigoureux, le printemps revient
en hémisphère nord et je vous le souhaite chaud, fleuri et verdoyant.
Pour nous, ici, l’automne arrive. Les feuilles des saules du camping
où nous sommes installés jaunissent et tombent avec un vent léger.
Nous nous portons tous bien, malgré les désagréments causés par
l’altitude (entre 3.000 et 4.000 mètres depuis plusieurs semaines.
Les tisanes de feuilles de coca nous aident à combattre le manque
de souffle. En bref : nous nous « shootons » !
Nous quittons Arequipa. Une étape importante de
plus de 400 kilomètres nous conduit jusqu’à PUERTO INKA. C’est
une petite crique de la côte pacifique avec des vestiges et ruines
incas d’un village de pêcheurs dont les produits étaient transportés
par « coureurs » d’après le guide-papier jusqu’à CUZCO ( + de 600
km ) à travers la Cordillère Littorale et l’Altiplano !
Quel était l’état du poisson à l’arrivée ? Le guide ne le dit pas. Je
présume qu’il était préalablement saumuré ou séché… mais alors
pourquoi des coureurs ?
Nous restons dans ce lieu agréable une journée à flâner. Nous
prenons un bon bain assez frais dans de grosses vagues qui nous
bousculent et nous retournent. Nous observons aussi les paysans
de la mer remonter de la plage les algues qu’ils font sécher sur les
rochers pour ensuite les vendre.
Nous arrivons à NAZCA après une visite à CHAUCHILLA d’une nécropole inca, avec des momies visibles dans des tombes ouvertes, à l’air libre. L‘air sec de cet endroit permet la conservation de ces corps.
A NAZCA, nous organisons notre vol du lendemain pour observer les « fameuses lignes ». Un petit avion de 6 places nous fait survoler ces lignes et dessins gigantesques qui sont tracés sur le sol du désert. A ce jour, c’est toujours un mystère malgré toutes les hypothèses avancées : extra-terrestres, calendriers solaires ou autres ! Nous sommes étonnés de constater que dans ce continent, les chercheurs et historiens ont buté sur beaucoup d’inconnues, nous le verrons plus tard sur l’Empire Inca, relativement proche de nous : 13ème au 16ème siècle… Il faut aussi constater que les Incas ne connaissaient ni l’écriture, ni la roue.
La ville de NAZCA ne présente pas beaucoup d’intérêt et nous trouvons
qu’il y fait chaud. Nous la quittons dans l’après midi, direction
Est, pour rejoindre plus loin, dans les Andes, CUZCO.
Quelle belle route : dans tous les sens du terme , sauf sur une quarantaine
de kilomètres où le revêtement est dégradé et disparait - la
pluie aidant - sous la boue et les graviers.
De NAZCA, à faible altitude, nous traversons la chaîne côtière. La
route se faufile entre des montagnes désertiques et monte, monte,
monte jusqu’à l’Abra Condorcenca (Abra = Col au Pérou) qui culmine
à 4.330 m.
Puis la descente, à travers un paysage plus arboré et verdoyant
vers PUQUIO à 2.000m. Il pleut, la route qui a perdu des plaques
d’asphalte devient boueuse. C'est nuit tombante lorsque nous atteignons
cette ville. Elle est inondée, les plaques d’égout ont sauté.
Nous avons des difficultés à trouver un lieu de bivouac. (NDLR :
Pour les non-initiés, je précise que dans les pays de ce continent
(sauf en Argentine) le « camping » tel que nous le connaissons en
Europe n’existe pas.) Le jeune patron d’une station-service, à l’extérieur
de la ville est ravi de nous accueillir et nous offre un emplacement
et de l’eau pour nos réservoirs. Une « propina » (pourboire
en espagnol) et un plein de carburant ont l’heur de le satisfaire le
lendemain.
De PUQUIO, le lendemain, dans un beau paysage de montagnes, la
route en lacets nous fait monter jusqu’à l’ABRA HUASHUACCASA
à 4.300 m. pour nous faire découvrir l’altiplano à 3.800/4.000 m.
A cette altitude, une pénéplaine avec des villages, des lamas et des
alpagas avec leurs bergers ou bergères (en général de jeunes enenfants
: une petite Noémie de 8 ans prenait son rôle très au sérieux),
quelques vigognes sauvages, un ciel d’un bleu très particulier, avec
en toile de fond la chaîne des Andes malheureusement couverte par
des nuages qui, parfois, laissaient découvrir un pic enneigé ou un
glacier… un vrai régal.
Puis d’un seul coup, descente rapide dans une vallée d’un torrent-rivière,
dont les eaux se jettent dans l’Atlantique par l’Amazone.
Nous descendons son cours jusqu’à ABANCAY où nous arrivons
en fin d’après-midi.
Nous y dinons d’un repas « tipico », avec une spécialité locale : le cochon d’inde grillé avec pommes de terre… Mon opinion : la chair de cet animal ressemble à celle du lapin, mais il y a moins à manger…
A la sortie de la ville, nous stationnons sur l’esplanade herbeuse du Sanctuaire de la Virgen de la Piedad. Sous sa protection, nous y passons une excellente nuit, un peu pluvieuse.
Nous reprenons le route vers CUZCO dans une atmosphère
humide. Nous montons, montons, régulièrement en lacets
dans de magnifiques paysages. Un peu avant CUZCO, nous
coupons, à hauteur de ANTA, par une piste, pour gagner directement
la Vallée Sacrée (qui relie CUZCO au MACHU-PICCHU) du
Rio Urubamba. C’est une piste, mais quels paysages bucoliques de
villages, de champs de toutes les couleurs : vrai patchwork… Les
quelques photos jointes sont de meilleures interprètes.
Une fois la Vallée Sacrée, atteinte à URUMBAMBA, nous prenons
le direction d’OLLANTAYTAMBO, où nous avons décidé de prendre
le train pour le MACHU-PICCHU. La route ne va pas plus loin. La
cour d’un petit hôtel accueille nos camping-cars pour en assurer la
garde pendant notre visite à ce haut lieu découvert, il y a moins d’un
siècle.
Michel Bonjean
A suivre
Pour consulter la totalité du périple de Michel et de ses amis, nous ne pouvons que conseiller à ceux qui ont la chance d’avoir Internet, d’aller consulter son blog : http://3etes.blogspot.com/
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