Camping-Cars sur les Routes de la Soie et du Monde.

Frontière de Gjirokastër
Nous avons passé la frontière à 18 H 30 sans encombre et rapidement. Les douaniers sympas ont expédié les formalités. Ils étaient ravis de voir des touristes français. Puis nous avons voulu faire du change mais sur les trois distributeurs de billets, nous n’avons pu avoir et avec beaucoup de mal que 10000 Leks, soit environ 75 euros.
Devant faire le plein, car nous avons attendu d’être en Albanie le sachant moins cher, nous n’irons pas loin…
En attendant que Gérard se débatte avec les distributeurs de billets, mes premières impressions sur l’Albanie sont plutôt mitigées.
Une frontière ressemblant à un dépotoir (et le mot est faible), des mendiants ; tout cela ne donne pas vraiment une image très flatteuse. Dès le passage de la frontière, on remarque partout dans le paysage de gros champignons : ce sont des bunkers.
Première nuit à une dizaine de kilomètres de la frontière dans un champ. Puis route vers Gjirokastër, la ville natale d’Enver Hoxha (le dictateur communiste à qui les Albanais doivent leur isolement) mais surtout une ville musée pour la beauté de ses maisons en pierres grises avec des toits en lauze. Le seul problème est que le manque d’argent a fait que la population préfère déménager dans la ville nouvelle que de faire face à des travaux coûteux dans ses vieilles maisons.
Depuis 2005, la ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La vieille ville est à flanc de montagne, avec des rues pavées et une citadelle adossée à la montagne surveille la vallée du Drino. La citadelle est encore en bon état mais elle servait encore il y a peu de temps de garnison, puis de prison pendant la période communiste. Actuellement des travaux sont en cours et dans le hall principal on trouve des pièces d’artilleries (canon) de la seconde guerre mondiale prises à l’ennemi italien et allemand. Un petit musée fermé est dans une des salles.
Sur l’esplanade, depuis trois ans, il y a le festival de musique de Gjirokastër.
Balade au marché qui nous parait bien miséreux : des chaussures d’occasion, des vêtements d’un autre temps, le marché aux fruits et légumes nous parait un peu mieux achalandé.
Nous avons tout de même pu changer de l’argent et faire le plein. Le Gas oil vaut entre 0,80 et 0,85 centimes d’euro le litre et nous voici parti pour Butrint, l’un des joyaux archéologique de l’Albanie.
La route jusqu’à Sarandë est correcte, sauf l’entrée de la ville qui est en travaux et des travaux à Sarandë, il y en a partout : des immeubles et des hôtels en construction.
Le seul problème est le stationnement. Les architectes n’ont pas pensé aux parkings et dans quelques années ce ne sera pas triste de vouloir se garer.
A partir de Sarandë, la route devient une “single route” très sinueuse et pas en très bon état et les croisements ne sont pas évidents du tout, mais nous arrivons sans encombre à Butrint et dormons sur le parking près du site qui se trouve dans un parc naturel.
Butrint est un site datant du III et I Siècle av. JC, bien mis en valeur et agréable à parcourir dans une végétation luxuriante.

Le théâtre et le temple d’Asclépios ont les pieds dans l’eau, le marais gagne sur les terres. Le baptistère est l’un des mieux conservé et l’église byzantine est impressionnante par sa taille. Elle date du IVème s. mais il ne reste que les murs.
La visite nous a pris la matinée entre les vestiges et le panorama qui est splendide. Nous avons pris la barge afin de passer de l’autre côté du canal pour voir le parc national.
La barge est comme toutes les installations du pays ; d’un autre temps et en piteux état. Nous sommes tombés en panne au milieu du canal mais bon … nous avons pu le traverser.
Puis retour vers Sarandë où nous avons profité d’un car de touriste qui nous a ouvert la route et le retour s’est fait sur les chapeaux de roues.
Ensuite route vers la Riviera Albanaise…
Nous recevons de nouveau par satellite les infos sur TV5 monde. Bon après presque trois mois nous n’avons pas eu l’impression qu’il y a eu une grosse évolution en France. Mais nous avons pallié notre manque d’informations par la lecture de plusieurs livres sur la politique : « Belle-Amie », « les confessions d’un banquier pourri », « Je ne mangerai plus de cerises en hiver »…et maintenant en Albanie, nous recevons de nouveau les chaînes publiques françaises mais je vous assure que vraiment la TV ne nous a pas manqué du tout.
Bonne nouvelle : la route de la Riviera a été refaite, du moins la partie Sarandë vers Himare (nous verrons après pour le reste…). Agrandie, les virages atténués, le revêtement est de bonne qualité même si elle est toujours aussi sinueuse et nous avons des paysages superbes sur les criques. Ce n’est qu’une succession de criques aux eaux turquoise mais très souvent inaccessibles et des montagnes. Nous arrivons à Borsh et c’est par une petite route dans une oliveraie que nous parvenons à une longue plage de … galets.
Mais tant pis, nous avons tellement envie de nous baigner, il fait chaud 32°, alors on prend ! Le seul problème : la plage est sale, les enfants jouent parmi les plastiques, les poubelles jouxtent aux cafés de plage mais c’est comme ça, voyons le bon côté des choses. Il fait beau, l’eau est bonne et superbe.
Sur la plage, nous retrouvons nos fameux champignons, d’ailleurs nous en retrouvons partout disséminés sur les plages, dans la campagne.
Le lendemain, nous partons pour Himare, nous remarquons que les champs ne sont pas bien cultivés, qu’il y a peu de cultures maraichères ou céréalières, les oliveraies sont mal entretenues et les plantations en espaliers d’orangers abandonnées. Cela nous change de la Turquie qui a optimisé au maximum son agriculture.
Les plantations en espaliers datent de l’époque communiste. Enver Hoxha avait pris modèle sur la Chine et se sont des prisonniers et la jeunesse communiste qui ont fait les terrasses.
Nous arrivons à Porto Palermo qui à l’époque communiste abritait une base pour sous-marins soviétiques et l’on aperçoit l’entrée d’un tunnel creusé dans la roche. En face, sur la presqu’île se dresse une forteresse, c’est celle d’Ali Pacha qui l’a fait construire en l’honneur de sa femme.
Puis Himare et ses plages de sable fin « enfin d’après le Petit Futé », car du sable fin on n’en a pas vu. D’accord, ce ne sont pas des galets non plus, mais plutôt des petits gravillons. Toutefois la plage est belle alors on décide de rester.
Visite de Himare qui est une petite ville avec ses “markets” bien miséreux et mal achalandés. On a bien du mal à trouver des fruits et encore moins à trouver une pile de six volts !
Himare possède trois plages et nous sommes sur la plage la plus au sud, la plus tranquille aussi. Himare possède un cyber café, vous allez donc avoir enfin de nos nouvelles ! C’est raté, ça ne passait pas.
Nous avons rencontré des camping-caristes français Claude et Michel, nous avons passé deux jours ensemble et nous voici repartis vers Dhermi.
Dhermi, la perle du Littoral ! Et c’est vrai, deux belles plages en gravillons fins, mais malheureusement comme toutes les plages albanaises, souillées de détritus. Sinon la plage est belle et l’eau super bonne, turquoise et cristalline. Nous avons profité de la plage tout l’après-midi puis nous continuons notre route vers Vlorë par le parc national de Llogara et l’ascension du col nous offre des paysages magnifiques. D’un côté un paysage sec et aride, de l’autre côté du col dans la descente vers Vlora, une foret de pins et conifères.

Nous arrivons à Vlora et nous profitons de la fontaine pour faire le plein d’eau (source d’eau minérale). Vlora est une ville de 70 000 habitants et nous espérons pouvoir trouver un cybercafé pour vous donner de nos nouvelles !
A chaque nouveau pays, nouvelle panne et là c’est le frigo qui ne fonctionne plus au gaz, certainement le boitier électronique pour la deuxième fois !
Sinon ici tout va bien, le temps est toujours aussi beau, dans les 30° et nous avons eu un orage dans la nuit. La mer toujours aussi bonne, dans les 28-30°.
L’Albanie est le musée vivant de la Mercedes ! Vous trouvez de tous les modèles de cette marque, en passant par les fourgons, les camions et les bus, du plus vieux modèle au plus rutilant ainsi que des 4×4. Tous les taxis sont des Mercedes de couleur jaune et pas des plus récents.
Après Vlora, nous voici partis à Apollinia. Nous avons bien aimé Vlora avec ses belles plages de sable fin. Vlora a connu sa période noire après les années communistes lorsque la libre circulation des personnes vers l’extérieur a été autorisée. Les Albanais ont fui vers l’Italie et Brindisi par Vlora, mais il s’est développé un marché noir important où mafieux albanais ont trafiqué avec leurs homologues italiens.
Apollinia est un site archéologique datant de 640 av. JC, il ne reste plus grand chose du théâtre mais le bouleutérion est en bon état et l’odéon a été restauré avec beaucoup de béton, mais ça donne une idée de ce que c’était. Par contre, dans le monastère et l’église, un petit musée a été installé et les statues découvertes pendant les fouilles y sont exposées.
Nous avons fait nos achats à Fier tout près d’Apollinia dans un supermarché. La vie en Albanie est peu chère. Pour vous donner une idée, je vous rappelle qu’1 euro est égal à 130 leks et nous achetons le kilo de tomates, de poivrons ou de concombre environ 40 leks, le café vaut 70 leks et un repas dans un resto chic environ 1400 leks avec entrée, viande ou poisson, dessert et même du vin, pour 2 personnes. Ca va être dur, dur la France …
Surnommée la ville aux mille fenêtres, allusion aux façades des maisons. Berat est une ville située dans le centre de l’Albanie près du massif du Tomor. Visite de la vieille ville et de la citadelle. Nous ne visitons pas le musée et les églises qui étaient fermées. Nous avons remarqué qu’en Albanie, malgré des horaires indiqués sur les plaques, ils étaient très élastiques et surtout très fantaisistes.
Pendant notre balade dans Berat, nous avons fait laver le camion et le scooter pour 500 leks.
La route pour venir à BERAT est en mauvaise état mais nous la reprenons pour aller en direction des lacs.
Nous dormons sur le parking d’un resto qui nous fait le plein d’eau.
Nous voici dans l’Albanie profonde. La route est bonne sur une grande distance. De Rrogozhine à Elbasan la route est sinueuse mais le revêtement correct, puis elle se dégrade. En Albanie, il ne faut pas résonner en Kilomètres mais en temps. Nous faisons environ du 35/40 km/h de moyenne pour arriver à Korçë.
Nous longeons le superbe lac d’Ohrid pour arriver à Pogradec puis Korçë. Là, nous avons eu la chance de visiter le musée d’art médiéval une fabuleuse collection d’icônes. On était en train de fermer le musée lorsque nous sommes arrivés, mais on l’a réouvert pour nous.
Une pure merveille !
Puis balade dans le bazar, visite de la cathédrale, l’une des plus grandes des Balkans et d’Albanie. Et là, nous qui sommes habitués chez les Orthodoxes à leurs exigences vestimentaires, c’est pas du tout le cas ici. Mais déjà, nous avions remarqué que les albanais était très libres avec leur religion que ce soit musulmane ou orthodoxe.
Nous avons eu notre première pluie depuis … près de 3 mois, ou plutôt notre première journée de temps gris et pluvieux. Dommage! Nous étions au lac d’Ohrid, un lac immense à la frontière de trois pays : l’Albanie, la Macédoine et la Grèce.
Nous avons pris la route pour Tirana, des paysages de montagnes superbes.
Vue sur la ville sidérurgique de Elbasan, mais il ne reste que des usines en ruine alors que c’était un centre sidérurgique important qui employait sept mille personnes.
C’était la Chine qui avait financé Tirana, la capitale, et le héros national Skanderbeg au XVème s. avait tenu tête aux ottomans qui convoitaient le pays.
C’était la Chine qui avait financé Tirana, la capitale, et le héros national Skanderbeg au XVème s. avait tenu tête aux ottomans qui convoitaient le pays.
Tirana a fait une cure de jouvence et ses bâtiments ont été repeints avec des couleurs quelquefois voyantes : les jaunes, ocres, verts sont à l’honneur.
Puis nous nous dirigeons vers Durrës afin d’embarquer pour l’Italie.
Changement de programme, nous décidons de ne plus passer par l’Italie mais de passer par le Monténégro et la Croatie, alors nous voici partis par Shkodra et son superbe lac de plus de 600 km2, puis la frontière du Monténégro
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Martine et Gérard TATANGELO
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